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Croyances et psychologie positive

 

Un  jour en marchant dans Paris, je suis tombée sur cette citation du philosophe chinois Confucius dans un petit magasin.

Plusieurs pensées se sont mélangées dans ma tête.

D’abord, je me suis souvenue que Confucius n’était pas tout à fait un philosophe contemporain. En vérifiant sur Wikipédia, j’ai vu que c’était vrai puisque celui-ci était né en -550 avant J-C. 

Ainsi, il y a près de 2500 ans, un philosophe chinois incitait déjà ses contemporains à trouver leur voie, à allier travail et plaisir sans cette idée de contrainte et de privation de liberté.

Je suis tombée de haut puisque toute ma vie j’avais cru à l’idée qu’il fallait travailler dur (travailler sans ressentir de plaisir faisait partie de cette équation) et surtout, qu’il fallait travailler sur ses faiblesses plutôt que sur ses forces.

C’est dans cette idée que, lorsque le moment du choix de mes études est venu, j’ai choisi les études de droit.

D’entrée, c’était un choix qui ressemblait à un compromis avec moi-même.

Je choisissais une filière qui m’inspirait l’idée de prestige, de sécurité financière, ouvrant toutes les portes puisque  « le droit mène à tout » comme me disaient la plupart des gens.

Je choisissais aussi une filière dont j’espérais qu’elle m’aiderait à gommer ce que j’estimais être mes défauts : d’être lunaire, peu organisée, peu régulière dans l’apprentissage, n’aimant pas beaucoup les règles et les procédures, préférant généralement faire les choses à ma façon sans suivre un processus préétabli.

 Je savais aussi qu’en faisant ce choix, je mettais totalement de côté mes rêves, ma passion pour la psychologie, pour le cinéma et pour la littérature, puisque le droit, bien qu’utilisant le langage, l’utilise comme un langage mathématique dénué de toute esthétique et de poésie.

Je mettais aussi de côté mes forces puisque ce choix était dans la perspective de gommer mes faiblesses en priorité.

 

Pourquoi cela ?

Parce que j’ai cru tout ce que l’on m’a toujours dit :

  • Qu’il faut être bon en tout et que l’on a plus intérêt à développer ses faiblesses pour devenir quelqu’un de complet et polyvalent.
  • Que tout le monde peut être bon en tout si l’on se concentre très fort et que l’on travaille très dur.
  • Que pour réussir dans la vie il faut se dépasser, être courageux et donc choisir quelque chose de difficile.

Je vivais avec ces croyances qui avaient beaucoup d’influence sur moi puisque je me laissais guider par elles, même si j’en souffrais.

 

 

Après avoir lu cette citation de Confucius, j’ai été déroutée. Tous ces efforts détruits par une petite phrase !

Puis, cette phrase de m’a donné un peu d’espoir. Peut-être que finalement cette croyance n’était pas vraie ?

C’est à peu près à la même période que j’ai découvert la psychologie positive et là, ma vision a changé.

 

 

 La science du bonheur.

Enfin, des scientifiques s’intéressaient à ce qui rendait les gens heureux !

Au sein de la psychologie positive, la théorie des forces de la personnalité a une place très importante. Il s’agit de l’étude des forces inhérentes aux humains et les découvertes scientifiques dans ce domaine indiquent que contrairement à ce que l’on croyait, utiliser nos forces et les développer est infiniment plus efficace que d’essayer de transformer nos faiblesses en forces. En effet, la psychologie positive recommande plutôt de capitaliser sur nos forces pour atténuer nos faiblesses ou d’entourer nos faiblesses de nos forces ou bien encore de s’entourer de personnes ayant des forces complémentaires aux nôtres…

La psychologie positive a démontré que travailler sur les faiblesses n’offrait que peu de perspectives d’évolution à l’opposé de développer les forces.

Ainsi, il est prouvé scientifiquement qu’utiliser nos forces nous rend efficace, performant et surtout…heureux.

En effet, l’utilisation des forces est notamment associée à une augmentation du bonheur et diminue les symptômes de dépression sur 6 mois (Seligman, Steen, Park, Peterson 2005).

Dans le travail, l’utilisation des forces est associée à davantage d’émotions positives et de plaisir au travail et est reconnue comme l’un des principaux facteurs d’engagement au travail.

C’est pourquoi nous avons tout intérêt à développer nos forces et pas nos faiblesses.

Dans cette perspective nous avons tout intérêt à reconnaitre nos limites. Un poisson rouge ne pourra jamais grimper à un arbre comme un singe, mais il pourra nager de plus en plus vite et de plus en plus loin.

L’édifice du monde dans lequel j’avais grandi tombait en ruine…

Je ne connaissais même pas mes forces… J’ai compris d’un coup toute la cause de mon malheur.

Maintenant, au lieu de me battre pour vaincre vainement mes faiblesses, je me challenge pour sublimer mes forces.

 

Comment mieux identifier mes propres forces ?

Je peux utiliser les tests de forces validés scientifiquement, parmi lesquels le VIA et le Realise 2 qui me donneront chacun une liste de mes forces principales.

Puis, pour aller plus en profondeur et en précision, je peux utiliser le jeu de cartes de forces développé par Ilona Boniwell pour choisir mes cinq forces principales en y associant des anecdotes liées à l’utilisation de ces forces.

En second lieu,  je peux demander à plusieurs personnes autour de moi d’environnements différents  ce qu’ils estiment être mes cinq forces principales. Bien souvent, leur point de vue est très éclairant et me permet de me voir bien différemment de mon seul point de vue.

Une fois mes forces identifiées, je me fixe un exercice, je choisis de pratiquer l’une de mes forces au moins une fois dans la journée.

Par exemple :

J’ai la force de l’action – aujourd’hui, je candidate pour faire du bénévolat dans une association, au travail je me propose pour effectuer toutes les tâches demandant de l’action comme aller à la Poste ou descendre aux archives

J’ai la force de l’optimisme -  j’adopte un regard nouveau sur une tâche dans le travail qui me semble ingrate en la voyant comme une pièce de l’édifice qui a sa véritable importance

De fil en aiguille, je me sens de plus en plus alignée et heureuse puisque je prends conscience de ce que j’aime faire.

Il ne me reste plus qu’à utiliser et pratiquer mes forces de plus en plus !

 

Par Annabel Bacle

Ecrit par le 12/09/2017
Dernière modification le 12/09/2017
Catégorie : Articles hebdomadaires
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